La nation républicaine au-delà des langues premières

Aurélien Aramini

Resumen


Avec la Révolution française et sa politique de la langue, s’est posée de manière radicale la question des relations qu’entretiennent « langue » et « nation ». Cet article repère dans la mutation des discours français sur les « langues premières » de la Restauration à l’avènement de la Troisième République l’émergence d’une pensée républicaine de la nation pour laquelle l’appartenance politique n’est plus ordonnée à l’enquête ethnolinguistique. Dans les discours sur les « langues premières » de la Restauration à la Troisième République se lit une dynamique de rupture quant à la conception du lien entre communauté politique et langues premières : si des auteurs tels que Nodier ou Michelet trouvaient dans les langues des pères (les « patois ») ou dans celles des supposés ancêtres indo-européens les sources d’une régénération politique, la cité moderne qui s’esquisse en creux dans La Cité antique de Fustel et l’identité nationale que défend Renan contre Strauss ne plongent leurs racines ni dans l’antiquité indo-européenne ni dans les profondeurs du terroir dialectal. Se dessine alors une certaine conception de la nation pour laquelle ne fait plus sens l’ancrage dans les mondes humains sédimentés dans les langues premières.

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