L’autochtonie et la fécondité de la terre: l’imaginaire politique de la nation naturelle en grèce ancienne

Arnaud Macé

Resumen


Cet article entreprend d’établir que le mythe grec de l’Autochtonie avait pour fonction de répondre aux apories suscitées par l’usage politique de l’idée nation, de γένος. Chercher à faire d’un peuple un γένος, c’est le plus souvent chercher à lui donner un ancêtre commun et lui trouver une affinité originaire avec un territoire. Or ces deux recherches peuvent entrer en conflit : où arrêter sans arbitraire la série des ancêtres ? Comment attester qu’aucun maillon dans la chaîne indéfinie des générations n’a jamais migré pour venir s’installer ou ne s’est jamais mêlé à d’autres souches ? L’autochtonie, en faisant tout simplement de la terre qu’un peuple habite son plus lointain ancêtre, répond à l’ensemble de ces questions. Nous étudierons la façon dont les discours anciens ont aménagé la conception mythologique d’une déesse Terre procréatrice pour parvenir à cette fin. L’exemple de l’usage platonicien du mythe révélera certaines conséquences inattendues du mythe, comme la réintroduction d’une certaine imprévisibilité dans la nature des hommes et des nations.

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